CALLIOPE : LA VOIX DES FLAMMES

KING, Tabitha (Traduit par Richetin, C.)

Fantastique

Télémaque, 2009, 500 pages, 22.5 €

:( Calliope - critique complète

Couverture
Couverture du livre: CALLIOPE : LA VOIX DES FLAMMES

Alabama, 1958. Calliope Dakin, sept ans, est une petite fille laide, très intelligente, dotée d’une singulière connexion avec les trépassés : leurs voix résonnent en effet dans sa tête. Ce don n’est pas encore compris par Calliope mais il éveille chez d’autres de dangereuses convoitises. Calliope adule son père, homme d’affaires généreux qui a sauvé son aristocratique belle-famille de la ruine et de la déchéance sociale – une belle-famille qui le lui rend bien mal puisqu’elle le méprise, lui le self-made man issu des red-necks (« cous rouges », classes laborieuses provinciales). Surtout, Joe Dakin est la seule personne à aimer à Calliope en ce bas-monde. Sa mère, coquette héritière d’une grande famille sudiste, est trop obsédée par sa beauté et son rang social. Son frère aîné la persécute et sa grand-mère maternelle la hait. Le père de Calliope est assassiné à la Nouvelle-Orléans dans des circonstances atroces. Les meurtrières, deux simples d’esprit obèses, sont condamnées à la chaise électrique. Mais ont-elles agi de leur propre chef ? Ruinées et spoliées, victimes d’un complot, Calliope et sa mère se réfugient dans une pension de famille au bord de l’Océan, en Floride. La bienveillance de leur hôtesse, Miz Verlow, apparaît vite suspecte aux yeux de Calliope. Alors que sa mère, s’identifiant à Scarlet O’Hara, l’héroïne d’Autant en emporte le vent, s’enfonce dans un déni de la réalité, Calliope va se construire elle-même, grâce à des amitiés étonnantes, et peu à peu assumer le don qu’elle a reçu.  

Disons-le tout de go : ce roman est une déception.

Construction erratique, intrigue lente à se mettre en place, longues descriptions de paysages et de personnages maladroitement articulées au récit et qui finissent par lasser le lecteur le plus patient... Il faut en outre attendre les environs de la page 150 pour voir la première incursion du fantastique qui est pourtant censé être le ressort majeur du roman.

L’écriture de ce roman avait été débutée par Michael McDowell, connu pour ses scénarios des films de Tim Burton (Beetlejuice, L’étrange Noël de Monsieur Jack …) et pour ses romans de terreur gothiques situés dans le Sud des Etats-Unis. Quelques années après son décès, Tabitha King, l’épouse du Maître de Bangor, en a repris et terminé la rédaction. La déception provoquée par la lecture de ce roman est-elle imputable à son écriture à quatre mains ? Ou à l’interruption de quelques années de cette rédaction ? Au fait que Tabitah King a certes hérité du manuscrit et des notes de M. McDowell mais que, par la force des choses, elle a travaillé dans un esprit et avec une vision différents ? Toujours est-il que le résultat est loin d’être concluant.

La description de la moiteur et de l’ennui des petites villes du Sud des Etats-Unis ne manque pas de charme. Le portrait de la Calliope, enfant aux pouvoirs étranges, d’une lucidité implacable, qui grandit sans amour entre une grand-mère odieuse et une mère pathétique à force de narcissisme, est finalement ce que Tabitha King réussit de mieux. Cela ne suffit cependant pas à sauver un roman qui se noie dans les méandres d’une intrigue dont l’auteure semble elle-même perdre le fil.  

Non, il ne suffit pas de porter un prestigieux patronyme et de bénéficier du patronage de son grand maître de mari pour faire un auteur de romans fantastiques acceptable !

Yves Rogister

Commentaires

Pour avoir lu ce roman (sinon, à quoi servirait cette critique ^^), je ne suis pas totalement d'accord avec cette notation. Certes, ce n'est pas le roman de l'année. Effectivement, parfois, on se perd un peu dans le méandre de cette histoire tortueuse et surtout, ne vous attendez pas à une histoire fantastique à la Stephen King, mais, j'ai trouvé que le personnage de Calliope ainsi que les seconds rôles sont très bien exploités. On ressent les tensions, le désespoir, cette atmosphère étrange et nostalgique sur une Amérique profonde qui pousse à tourner les pages, malgré les défauts inhérents au récit. C'est mon avis...

Jean Vigne il y a 1 mois

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