DECHIRURES
SIRE CEDRIC
Fantastique
Le Pré aux Clercs, 2011
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Malsain, pervers, sournois, hyper-violent, sensuel, sado-masochiste, horrible (tout simplement)…Autant de qualificatifs qu’il faut entendre dans un sens positif. S’agissant de littérature fantastique d’horreur, en effet, on atteint, avec « Déchirures », certains sommets. Pour le plus grand plaisir du lecteur averti, voire aiguisé. Nouvelle édition du recueil paru en 2005 aux défuntes éditions « Nuit d’Avril », « Déchirures » nous plonge littéralement dans un chaudron bouillonnant de stupre, de glauque et de basses vissicitudes . Ici, c’est un pauvre hère condamné à (sur)vivre avec une croix gammée gravée sur son corps, là ce sont des sœurs qui s’opposent en tout…jusqu’à trouver une symbiose totale ; des créatures infernales fréquentent une sinistre boîte de nuit, une institutrice doit faire face à un cauchemar orchestré par ses propres jeunes élèves, une pauvre fille basanée subit le joug de skinheads déchaînés dans un bus… Clairement, on est dans le glauque, l’irracontable, le traumatisme permanent. Aux thèmes, originaux et brutaux à la fois, se coltine une langue au style direct qui fouette, rebute et séduit tout en même temps. L’atmosphère du recueil entier est délétère, morbide. On pense à la série des « Livres de Sang » de Clive Barker ou aux romans vampiriques de Poppy Z. Brite. « Déchirures » ne fait pas de place au politiquement correct, se contrefout des convenances. Sire Cédric , c’est un Démon incarné de la littérature fantastique contemporaine, un chantre du gothique et du macabre. Au détour de certains textes, on se surprend à déceler une certaine critique sociale, une dénonciation des comportements humains les moins altruistes, une réflexion sur le caractère franchement équivoque et ambigu de notre nature d’être humain. Mais Sire Cédric assure ne rien vouloir démontrer, enseigner, il ne produit que de la littérature de délassement. On ressortirait plutôt stressé et nauséeux de ces voyages à la limite du supportable. Mais convaincu aussi d’avoir affaire à une voix, un univers, un personnage hors du commun qui fait du bien dans le monde littéraire actuel de la peur. (EA) |
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