MAGIC COTTAGE

HERBERT, James (Traduit par Cordier, N.)

Fantastique

Bragelonne (Paris), L'ombre, 2010, 380 pages, 20 €

:( COMIC COTTAGE - critique complète

Couverture
Couverture du livre: MAGIC COTTAGE

Un couple d’artistes (lui, musicien de rock, accompagne les stars en tournée ou en enregistrements ; elle illustre des livres pour enfants) découvre fortuitement dans un journal une annonce mentionnant la mise en vente d’un cottage dans la campagne du Yorkshire, à la lisière de la New Forest. Pour le duo de citadins en mal d’air pur, c’est une aubaine inespérée. La propriétaire, une vieille dame excentrique et solitaire, est décédée subitement, laissant un testament aux clauses singulières. Sur place, les tourtereaux succombent au coup de foudre pour la ruine champêtre même si Monsieur est un tantinet plus réservé que Madame, en particulier en raison du chantier gigantesque nécessaire à la rénovation de la maison. Installés et au travail, ils découvrent peu à peu les particularités charmantes de l’endroit : la végétation y est plus luxuriante et les fleurs plus colorées que partout ailleurs, les animaux, peu farouches, pénètrent dans la cuisine, en quête de nourriture ou de soins. Blanche-Neige n’est pas loin... Peu à peu, le surnaturel s’insinue dans la vie quotidienne de nos héros. Les vertus du cottage deviennent de plus en plus évidentes : les animaux et les humains blessés guérissent miraculeusement, les fissures dans les murs se colmatent d’elles-mêmes, … Mais comment et pourquoi ce potentiel régénérateur se convertit-il en puissance de destruction ? Qu’est-il réellement arrivé à l’ancienne propriétaire des lieux ? Qui sont les membres de cette secte étrange vivant à proximité et qui se font appeler les « synergistes » ? De doux dingues ou de dangereux fanatiques ? Et leur chef, Mycroft, est-il un vulgaire charlatan ou un mage noir aux pouvoirs maléfiques ? Etc.    

Si l’intrigue s’annonce d’emblée très convenue (un-couple-s’installe-dans-la-maison-de-ses-rêves-découverte-de-manière-miraculeuse-mais-s’aperçoit-que-cette-dernière-est-hantée), les cinquante premières pages (mon estimation est généreuse !) se laissent lire –sans que James Herbert, en vieux routier, ne semble vraiment se donner beaucoup de mal. C’est après que les choses se gâtent … Dès lors, on oscille entre l’ennui pur (sans doute comparable au silence qui hante les abysses du côté de la Fosse des Mariannes) et le sarcasme tellement les ficelles tirées par James Herbert sont grosses et tant ses recettes évoquent des plats dix fois réchauffés. La fin grand-guignolesque est plus hilarante qu’effrayante. Le livre refermé, on est partagé entre le soulagement et le regret de la pinte de bon sang que l’on s’est octroyée.

J’hésite sur le sort final à réserver à ce roman : le pilon ou la fabrication de confettis ? Carnaval oblige, j’opterai pour la seconde solution.

Allez, zou, circulez, il n’y a rien à voir !

Yves Rogister

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