L'étonnante disparition de mon cousin Salim
Dowd, Siobhan (Traduit par Gibert, Catherine)
Littérature Jeunesse
Gallimard jeunesse (Paris), 2009, 295 pages, 12 €
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Siobhan Dowd ? Chouette ! Son premier roman, « Sans un cri », m’avait beaucoup plu. Il est le témoin de son immense talent d’écrivain, de sa passion pour la vie et de l’attachement qu’elle a gardé pour l’Irlande. Décédée prématurément à l’âge de 47 ans, elle nous laisse en tout et pour tout 4 romans dont « L’étonnante disparition… ». A la tête du comité « Liberté d’écrire », l’auteure s’est battue durant 20 ans contre la censure et pour la liberté d’expression. Attachée aux valeurs de paix et de tolérance, elle a poursuivi une mission sociale en envoyant des écrivains dans les écoles défavorisées et les prisons. Elle a contribué à améliorer l’accès des jeunes désavantagés au plaisir de la lecture. Tout cela devait être souligné ! Mais revenons à ce roman irrésistible qui nous entraîne dans une enquête captivante et pleine d’humour. Avant de partir pour les Etats-Unis, Salim et sa mère viennent passer quelques jours dans leur famille à Londres. Les cousins de Salim, Kat et Ted, insistent pour l’emmener faire un tour sur la grande roue londonienne puisqu’il n’y est jamais allé. Aussitôt dit, aussitôt fait : voilà Salim, seul, à bord d’une nacelle. Après 30 minutes, la nacelle redescend…vide : Salim s’est volatilisé ! Tante Gloria et les cousins, affolés, contactent aussitôt la police qui ne sait pas où donner de la tête. Le jeune garçon a-t-il été enlevé ? A-t-il fugué ? La panique monte au fil des heures. Alors, Ted et Kat décident de mener leur propre enquête… Jusque là me direz-vous, rien de bien original. Mais quand je vous dirai que Ted n’est pas un enfant tout à fait comme les autres, vous allez sans doute me lire jusqu’au bout. En effet, Ted est un jeune autiste, très attachant, sensible et inoubliable. Il échafaude neuf théories et compte bien toutes les vérifier ! Parmi celles-ci, il y a la combustion spontanée, l’amnésie, le déguisement, la chute dans une faille temporelle ou l’intervention d’extraterrestres ! Intrigante jusqu’au bout, cette histoire à l’ambiance très tendue se ressent et se vit à cent à l’heure. Ted, extrêmement brillant intellectuellement, a pourtant beaucoup de mal à comprendre les subtilités de la vie en société : il n’arrive pas à décoder les expressions langagières ou corporelles, ce qui donne au récit quelques réflexions savoureuses. Aidé de la dégourdie Kat, il va faire des miracles pour retrouver le jeune Salim. Nous suivrons toute sa ligne de réflexion à la première personne afin de trouver le meilleur angle d’observation qui permettra de déduire toute la chaîne des actions du disparu. Ted nous raconte son cheminement, simplement, naïvement, mais avec beaucoup de justesse et de profondeur. On apprend bien sûr la vraie raison de la disparition de Salim avec toute la délicatesse et l’empathie dont Siobhan Dowd a su si bien faire preuve dans « Sans un cri ». (Mais je ne vous mettrai pas sur la piste…). « L’étonnante disparition… » est une belle éloge de la différence et une réhabilitation subtile de ceux qui ne sont pas de prime abord « comme les autres ». A recommander, même pour les plus jeunes. |
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