BOB DYLAN ET LE P'TIT QUINQUIN
SIMSOLO, Noël
Policier & Thriller
L'Ecailler, 2011, 181 pages, 17 €
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Lille, avril 1966. Les Golden Sixties, l’avènement des beatniks et des hippies, l’herbe, le LSD, l’amour, un an avant Monterey, trois avant Woodstock… C’est l’antithèse de ce qui nous est conté dans ce chef d’œuvre, un brûlot où se consument une palette d’âmes désespérées. En voici un échantillon : Anne, qui se prostitue pour mieux se salir d’avoir échappé à l’incendie qui a tué le reste de sa famille, alors qu’elle se trouvait en compagnie de son petit ami ; elle subit les menaces de Serge Sauveur, qui veut à tout prix la faire travailler pour le truand proxénète Mario Linio, à l’égard duquel il a une dette de jeu. Lequel sera abattu par Sigismond Galade, un prof’ d’histoire auto-investi d’une mission d’éradicateur du Mal. Et Yves Roloff, un flic désabusé, un peu ripoux aussi, mais surtout fou amoureux d’Anne avec qui il rêve de fonder un foyer stable et apaisant. Ingrid, accro à l’héroïne et à Bob Dylan, qu’elle projette de rencontrer au prochain réveillon de Noël et, en attendant, qu’elle chante devant le P’tit Quinquin, célèbre statue du Square Foch près de la Grand’Place, érigée en référence à une vieille chanson écrite en 1853 par le poète lillois Alexandre Derousseaux. Ingrid a aussi la fâcheuse habitude de planter un coutelas dans le ventre des hommes qui l’importunent. Elle est hébergée quelques jours par Serge Bianay, un fils de riche qui, lorsqu’il ne s’abrutit pas de joints dans l’appartement payé par ses parents, s’offre les charmes de Carole, une belle camerounaise qui travaille dans le bordel de Mario Linio à Roubaix. Elle fera aussi l’amour avec éléonore de Coster, dont le mari industriel trouve sa satisfaction sexuelle dans les expériences sado-maso que lui raconte, parfois dans le feu de l’action, son épouse. J’en omets volontairement. C’est dans cette poudrière que va devoir s’introduire la police, afin d’élucider une série de meurtres sans aucun lien apparent : un serial killer qui découpe les jeunes femmes, un incendie au cocktail Molotov dans un café arabe, un maquereau abattu d’une balle dans la nuque au volant de sa voiture, un truand retrouvé mort dans un hôtel de passe, une guerre des gangs sur le point d’éclater… Un chef d’œuvre du roman noir écrit sans ambages mais sans vulgarité, dans un style implacable et factuel, dont l’intensité s’accroît au fur et à mesure que les faits et leurs acteurs convergent vers l’explosion finale. Celle-ci est l’orgasme qui ponctue une histoire dont on sent, dès le début, qu’il n’y a aucun espoir à entrevoir. Né en 1944, Noël Simolo est à la fois acteur, scénariste, réalisateur, historien du cinéma, et, bien entendu, auteur à qui l’on doit quelque trente-cinq ouvrages. à condition de ne pas suivre un traitement aux antidépresseurs, ce « Bob Dylan et le P’tit Quinquin » vous fera goûter au meilleur de la plume de ce Monsieur |
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