CEUX D'EN BAS
BRUSSOLO, Serge
Policier & Thriller
Fleuve Noir, Agence 13, 2010, 283 pages, 19 €
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Mickie Katz a un fameux pédigrée : fille d’un terroriste qui a passé une grande partie de sa vie en cavale, elle a été éduquée par ce dernier à la survie dans les environnements les plus hostiles et, à force de coups et de sévices, endurcie afin de résister aux interrogatoires de police. Elle ne semble pas en tenir autrement rigueur à son paternel, dont elle ignore cependant désormais tout - clandestinité oblige. Décoratrice à L. A., son employeur l’envoie à Late Encounter, bled forestier du Montana qui, à première vue respire la quiétude, l’« authenticité » et l’ennui. Son travail consiste à dessiner des projets pour le parc touristique que la municipalité compte ériger sur les rives du lac. Mais Mickie ne tarde pas à percevoir que, derrière le charme rustique de la petite ville, un double malaise prolifère. D’une part, un puissant sentiment de culpabilité taraude les habitants, descendants de chercheurs d'or brutaux qui n’eurent de cesse de déposséder et exterminer les premiers occupants des terres, les Indiens Kichawas. Mais, au-delà, Mickie est frappée par l’incroyable isolement de Late Encounter, l’organisation sectaire de la vie locale, le contrôle social quasi-totalitaire et le climat de peur qui règne, alimenté par le sentiment confus d’une menace omniprésente. Plus encore : elle découvre que plusieurs « étrangers » ont disparu, dans des circonstances mystérieuses et violentes. Tous s’intéressaient au fond du lac et à une mine que la légende dit y être engloutie. Et puis il y a ces références, chuchotées ou balbutiées, à Ceux d’en bas qui ne laissent pas d’intriguer Mickie. Second épisode des (més)aventures de Mickie Katz, la décoratrice androgyne et baroudeuse de l’Agence 13, Ceux d’en bas est, comme tous les romans de Brussolo, un thriller nerveux, violent et cruel. Un peu à la croisée de la série Le Prisonnier (pour sa description du village), des récits de la ruée vers l'or et de Vendredi 13, il est aussi, bien sûr, beaucoup plus que cela. Il foisonne de trouvailles et de rebondissements, et se lit d’une traite. Vieux routier de l’écriture, l’auteur n’a en effet rien perdu de sa virtuosité et de son imagination fertile. L’idée même d’une agence de décoration spécialisée dans la réhabilitation, la transformation et le « maquillage » des anciennes scènes de crimes ou de massacres est proprement géniale. Un petit bémol, cependant, qui pointe justement l’imaginaire débordant de Brussolo : à la lecture du roman, j’ai eu parfois envie de dire « trop, c’est trop » tellement j’ai fini par être saoulé par ces péripéties en cascade, cette surenchère de meurtres gore, d’exécutions et de mutilations atroces, et un scénario tellement complexe qu’il en finit par être abscons. A noter que l’auteur lui-même semble dépassé par sa création, qui, à la fin du roman, renonce à apporter la solution de certaines des énigmes …. Que ceci ne vous dissuade cependant pas de lire Ceux d’en bas et, comme moi, l’espace d’une soirée, devenez la proie d’une délicieuse terreur ! |
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