IL PLEUT SUR MANAGUA
RAMIREZ, Sergio (Traduit par Faye, R.)
Policier & Thriller
Métailié, Noir, 2011, 269 pages, 19 €
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« Entre deux orages, Managua est traversée par des processions religieuses délirantes, des manifs de toubibs, des embouteillages monstres, au milieu des ruines du tremblement de terre de 1972, des bidonvilles et des quartiers chics. La guérilla est loin désormais, on inaugure en grande pompe des stations-services rutilantes et les évangélistes vendent du savon miracle. Les anciens guérilleros sont devenus flics, bandits, notables, employés, les trahisons vont bon train, et les narcos courent toujours. Ce jour-là, la Vierge de Fatima entre dans la ville, au son d'un orchestre de chicheros, escortée par les officiers de la police nicaraguayenne. L'inspecteur Morales regarde la scène de son bureau de la plana del Sol. Il est chargé d'enquêter sur un yacht abandonné à Laguna de Perlas, sans doute une histoire de narcos, et pas des moindres. Flanqué d'un lieutenant cynique et d'une ex-guérillera coriace devenue femme de ménage, il traque les coupables avec sa Lada bleue et son P38… » Un auteur nicaraguayen, ce n’est pas fréquent. Pour le peu que l’on en sait, il a à son actif un livre consacré à la révolution sandiniste. C’est donc un indice précieux pour comprendre la profonde connaissance de l’histoire du Nicaragua qui percole ici de toutes les pages. Par curiosité, j’ai visité la page Wikipédia de ce pays d’Amérique centrale et il ne manque rien. Ce roman est donc articulé autour de deux leitmotivs : l’enquête policière très dure et particulièrement violente de l’inspecteur Moralès et le fonctionnement bringuebalant d’une nation défigurée par une dictature sans pitié et un tremblement de terre particulièrement dramatique. Comme souvent lorsqu’il s’agit d’un romancier de ce coin du monde, il y a dans le récit à la fois une flamme de vie intense et une forme de mélancolie teintée de fatalisme qui traduit bien l’état d’esprit d’un peuple qui sait ce que souffrir veut dire. Pour le dire autrement, ce texte sent le vécu à plein nez et il n’en est que plus attachant. Le résultat est un livre de grande qualité (la traduction rend justice au texte, semble-t-il) susceptible de plaire aux lecteurs ayant une approche « grand-angle ». Excellent, tout simplement ! |
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