LE MYSTERE DE LA MAISON ARANDA

TRISTANTE, Jéronimo (Traduit par Zayas, E.)

Policier & Thriller

10/18 (Paris), 2010, 403 pages

:) Jeronimo Tristante, Le mystère de la Maison Aranda, Collection Grands Détectives, Editions 10/18, 2009 - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LE MYSTERE DE LA MAISON ARANDA

Le Sous-Inspecteur Victor Ros est l’étoile montante de la police madrilène de ce dernier quart du 19ème. siècle. Alors que ses collègues distribuent allègrement baffes et gnons aux prévenus pour leur faire avouer des délits qu’ils n’ont pas toujours commis et considèrent avec scepticisme les nouvelles méthodes policières, Ros s’impose comme un limier moderne, curieux de médecine légale et d’anthropométrie, de surcroît légaliste dans un milieu où le service « de la Loi et de l’Ordre » se confond largement avec la défense d’un ordre social injuste. Revenu d’Oviedo, où il a infiltré puis démantelé une cellule anarchiste - un exploit qui lui laisse un goût amer – il retrouve un Madrid en proie aux tensions politiques aigues entre conservateurs et libéraux. Homme de progrès scientifique et social, farouche partisan de la démocratie parlementaire dans une monarchie autoritaire, Victor Ros va devoir composer avec cette aristocratie arrogante et bouffie de privilèges dont il est un critique farouche. D’abord parce qu’il est appelé à enquêter sur une bizarre tentative de meurtre, perpétrée par une jeune et aristocratique épouse sur la personne de son richissime roturier de mari, dans une maison à la mauvaise réputation indéfinissable. Ensuite, parce que sollicité par « Lola la Valencienne », l’accorte prostituée dont il loue régulièrement les services, il est le seul à s’intéresser aux assassinats de filles de joie commis par ce qui semble bien être un tueur en série. Pour cette enquête-ci, également, le brillant Victor Ros cherchera à s’introduire dans les cercles les plus fermés de la capitale. Enfin, parce qu’un soir, dans les jardins du Prado, ses pas ont croisé ceux d’une jeune héritière et que le rêve d’un impossible amour ne cesse depuis de le hanter. Mais ses enquêtes le mèneront aussi dans les bas-fonds madrilènes, des lieux où Victor Ros dispose d’une expertise peu commune chez les policiers. Le jeune Sous-Inspecteur est en effet un ancien voyou pour lequel les quartiers mal famés de la capitale comme la culture et les codes des truands et des coupe-jarrets qui les peuplent n’ont pas de secret.

Avec son intrigue policière très classique et sans grande trouvaille (je rassure le lecteur : la solution des énigmes ne va cependant pas de soi !), Le mystère de la maison Aranda tire son originalité -relative- du contexte historique que l’auteur évoque avec un certain brio. La psychologie des personnages est assez convenue même si le lecteur n’est pas à l’abri de retournements de situation inopinés. La fin, pétrie de bons sentiments, est assez improbable. Pourtant, le suspense est bien présent, l’érudition de l’auteur jamais pédante, le dépaysement garanti. Considérons donc ce roman pour ce qu’il est : un bon divertissement qui, à la plage ou à la montagne, agrémentera vos vacances.

Yves Rogister

Commentaires

Il n'y a aucun commentaire. Soyez le premier à ajouter un commentaire !

Poster un commentaire

Nom:
Adresse email:
Site web:
Combien font quatre plus cinq?
Poster