LE SEPTIEME FILS
THORARINSSON, Arni (Traduit par Boury, E.)
Policier & Thriller
Métailié, 2010, 350 pages, 21 €
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Einar est reporter au Journal du Soir, un « canard » où l’actualité flirte souvent avec le sensationnel ainsi que l’un des principaux titres de la presse quotidienne islandaise. Ancien poivrot, il entretient une relation épisodique avec une autre pratiquante assidue des Alcooliques Anonymes, fume comme un pompier, semble se moquer de tout et n’a guère de scrupules. Mais il n’a pas son pareil pour flairer un fait divers prometteur et, une fois ses crocs plantés dans la barbaque savoureuse d’un bon scoop, rien ne peut lui faire lâcher prise. Menacé de licenciement par un rédacteur-en-chef pour lequel les mots restructurations, économies d’échelles et coupes budgétaires sont des mantras quotidiens, Einar est envoyé à Isafoldur, capitale des fjords de l’Ouest, pour couvrir une affaire d’incendie présumé d’origine criminelle. Les meurtres d’un politicien, espoir de la Gauche islandaise et originaire d’Isafoldur puis ceux d’une star du football et de son ami, constituent autant de rebondissements qui amènent Einar à prolonger son séjour. Dans cette ville défigurée par la globalisation, où les droits de pêche ont été bradés par des particuliers à des multinationales, où les homicides se multiplient, où les maisons flambent et où des voyous défèquent sur les sépultures, Einar n’a pas le temps de s’ennuyer … Lecteur, si tu recherchais le dépaysement en ouvrant Le septième fils, tu en seras pour des frais ! Fjords, volcans et Atlantique nord ne sont ici qu’une lointaine toile de fond. De vikings, de sagas et de ballades au grand air, il n’est pas question. En revanche sont bien présents : trafic de drogue, crime organisé, pédophilie, conflits familiaux, sans oublier toutes les grandes et petites faiblesses (sexe, jalousie, convoitise …) qui poussent parfois les hommes -et les femmes- au meurtre. Troisième aventure du nonchalant Einar, Le Septième Fils est un roman d’ambiance autant que d’intrigue, très bien construit et aux personnages intéressants, qui se lit avec plaisir, à défaut de passion. Remercions au passage les Editions Métaillé qui nous offrent régulièrement des polars de qualité originaires des quatre coins du monde -ou presque. Ce roman ne soit pas être confondu avec le livre homonyme d’Orson Scott Card, publié en 1987 aux Etats-Unis, qui est un ouvrage re de fantasy. |
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