LES MURMURES DES MORTS

BECKETT, Simon (Traduit par Taudières, I.)

Policier & Thriller

Calmann-Lévy, 2010, 312 pages, 19 €

:) :) :) :) EQUARISSAGE METHODIQUE - critique complète

Couverture
Couverture du livre: LES MURMURES DES MORTS

Pour la première fois. David Hunter se demande s'il aura la force de continuer à exercer son métier... Expert en anthropologie et médecin légiste, il décide de partir aux Etats-Unis pour faire de la recherche. Il étudie la décomposition des cadavres dans une enceinte médico-légale appelée « The Body Farm ». Là il retrouve un de ses anciens mentors, le sympathique Tom Lieberman. Lorsque la police découvre un cadavre mutilé dans une cabane au fond des bois, Tom demande à David de l'accompagner afin de lui donner son avis. Bientôt, la police retrouve un autre corps dans des conditions identiques ... L’examen des dépouilles à la morgue laisse penser à une mise en scène macabre que semble affectionner le tueur. Malgré la désapprobation et les fortes réticences des autorités américaines, Lieberman s’entête dans sa volonté d’être épaulé par l’Anglais. Partagé entre le repérage systématique des scènes de crime et la médecine médico-légale en labo, David est aussi une personne en dérive lente. Toujours pas remis de la perte d’êtres chers et traumatisé par la violente agression à l’arme blanche dont il a été victime, il se prend peu à peu au jeu. Mais leur ‘adversaire’ est rusé et se joue d’eux, allant jusqu’à les menacer physiquement.

Il y a longtemps que je n’avais plus lu un récit sur le thème des serial killers aussi efficace. La mécanique de Simon Beckett est imparable pour deux raisons. Primo le mélange de  chasse à l’homme et de conclusions médico-légales – qui ne vous épargnent rien, aucun détail glauque – est mené tambour battant, en mode thriller majeur. Deusio, Beckett est particulièrement brillant dans la façon qu’il a de tuer dans l’œuf vos velléités de résolution de l’énigme avant l’heure. Plus ces flashbacks au caractère dérangeant imputables au tueur et qui suivent une ligne de temps peu à peu en phase avec le récit jusqu’à la concordance totale. C’est tout simplement irrésistible. Très tôt, on perçoit la grande maîtrise de l’écrivain lors de la découverte des deux pages consacrées au cas du dentiste  en tout début de roman : c’est magistral et vous plonge d’emblée dans le bain. Dans l’ambiance devrais-je dire, car celle qui plane sur le récit est poisseuse. Aucuns relâchements pas plus que des pièces rapportées ne polluent une histoire angoissante du début à la fin. Quand vous sont révélés le modus operandi et les motivations du tueur, c’est pour mieux vous assener le coup de grâce lors d’une fin haletante. Ce roman est une réussite majeure dans le genre, frisant la perfection. Si cela peut vous donner une idée, je l’ai avalé en a peine deux soirées. Allez, vous reprendrez bien un peu de frissons …

Alain Quaniers

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