LONDON BOULEVARD
BRUEN, Ken (Traduit par Cheval, C. et Ploux, M.)
Policier & Thriller
Points, Roman noir, 2011, 275 pages, 7 €
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Entre deux examens, je me suis senti un peu comme le héros de London Boulevard, sortant de sa prison pour redécouvrir le bonheur de la vie. Ce livre m’a scotché dans mon lit, défiant la fatigue entre minuit et 3h du matin, et ce du début jusqu’à la fin. Il démarre lentement et plante le décor. Présentation du personnage principal et de son style de vie, passé et présent se mêlent. Le héros n’hésite pas nous confier certaines choses que la prison lui a enseigné, caractéristique narrative très intéressante car le récit nous est conté dans un langage parlé et multiplie les effets de style. Pas de description longue et ennuyeuse, uniquement le récit que nous fait Mitch de ce qu’il voit. Cela a le mérite d’être énergique et de captiver continuellement l’attention du lecteur. Par ailleurs, il y a quelques détails étranges qu’on ne peut néanmoins pas qualifier de dérangeants ni de mauvais. En effet, c’est la facilité de la vie dans laquelle évoluent les personnages. Je ne veux pas manquer de respect aux hommes d’âge mûr mais Mitch, le personnage principal, est un peu trop vigoureux à mon gout pour un homme de quarante cinq ans. De plus, les actes de violence se multiplient sur la voie publique sans qu’il n’y ait réaction ni de la part des passants ni de la police. Et ce même plusieurs heures, pas d’enquête ni de poursuite, Mitch peut faire tout ce qu’il désire sans qu’on ne se mette sur les traces. Je trouve cela assez frustrant que le héros possède cette toute puissance, surtout qu’une enquête de la police aurait pu mettre un peu plus de contenu dans le récit. Car ce qui manque le plus au roman, c’est de l’aboutissement. Le résumé de couverture parle de vengeance et de la part d’un ancien truand, on en attendait un peu plus. Même si le récit vous garde en haleine du début à la fin, on reste sur une impression d’inachevé. Ce qui ne manque pas, par contre, c’est la présence de sexe tout le long du roman. Pourtant, encore une fois, cela aurait pu être un peu plus poussé. Sans vouloir dévoiler l’intrigue, Mitch est à de nombreuses fois infidèle, couchant à droite et à gauche sans se poser de question. Vu la narration, on aurait pu espérer un développement de cette pratique par le narrateur sur des doutes, des vantardises,… En conclusion, même si j’ai passé la dernière partie de mon commentaire à décrire les limites de l’œuvre de Ken Bruen, je ne peux nier que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire son roman (mis à part ses petits défauts). C’est un livre à découvrir en toute simplicité, si comme moi, vous avez besoin de vous changer l’esprit. (J.B.) |
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