ALIEN : NO EXIT
EVERSON, Brian (Traduit par Esquié, H.)
Science-Fiction
Le Cherche-Midi, 2011, 326 pages, 19 €
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« Après des années de lutte contre l'envahisseur, la menace des Aliens semble enfin n'être plus qu'un mauvais souvenir pour les humains. Du passé. Jusqu'au jour où l'extermination de douze scientifiques en poste avancé sur la planète C-3 L/M laisse à penser que les créatures sont de retour. Une des compagnies en charge de l'exploitation de C-3 L/M décide alors de réveiller Anders Kramm. Plongé depuis trente ans dans un sommeil cryogénique à la suite d'un drame personnel, Kramm est l'un des chasseurs d'Aliens les plus doués de sa génération. Envoyé sur C-3 L/M pour enquêter, il ne tarde pas à comprendre que la vérité est beaucoup plus complexe que ce qu'il paraît. » Yessssss ! Que voilà une heureuse initiative ! Faire plaisir aux afficionados du plus laid monstre de l’histoire de la SF. Et, d’après les références mises en avant, l’écrivain ne serait pas n’importe qui. Brian Evenson est, après quelques romans seulement, considéré comme une valeur montante dans le domaine du fantastique (Inversion, Père des mensonges, La confrérie des mutilés …). Il a même créé un certain émoi en réalisant ce texte « de commande », donc en s’écartant de son référentiel habituel. Je fais confiance, je n’ai jamais lu une ligne de notre homme. Le bouquin présente bien : la maquette, en léger relief et joliment colorisée, a de la gueule (normal quand on voit le beau bébé) et le quatrième de couverture est aguichant (ci-dessus). On plonge rapidement dans le texte, on fait connaissance avec le personnage central et on se retrouve dans une embrouille passionnante se déroulant sur un site de terraformation. Au passage, on note quelques jolis traits d’imagination (les taupes et leur matos d’enregistrement) et une énigme qui intrigue vraiment : que recèle ce boîtier étrange monté dans le dispositif principal de l’installation ? Ensuite, la récupération des enregistrements vidéo des taupes révèlent une vérité effrayante ET effarante. Et puis, boum, tout bascule dans une seconde partie qui n’a plus rien à voir avec le reste et qui catapulte les gentils dans un étrange centre spatial sur une planète lambda. Vous vous en doutez, les Aliens font partie du décor et tout devient une question de survie. Le boîtier ? On n’en saura rien. Le pourquoi de la machination ? Oubliez. Seul compte encore le jeu du chat et de la souris entre l’équipe d’humains et les xénomorphes. Et, que dire de la fin ! Abrupte, inattendue, presque bâclée. Si, après un coup pareil, il n’y a pas une suite, c’est un scandale ! Vous me direz : « Mauvais, alors ? ». Et bien non. D’abord, il y a le plaisir de retrouver une franchise bien trop rare en romans. L’auteur utilise à la perfection la codification de cet univers et nous fait frissonner de plaisir. Là où il est vraiment très fort, c’est quand il transpose des scènes entières des 4 épisodes cinématographiques dans son texte, mais en changeant le contexte. Et je vous jure qu’il est impossible de les manquer. Comme il gère à la perfection le narratif et le rythme – pas de temps morts -, le résultat donne un très bon roman de niche, destiné à un public ciblé. Oui, on prend aussi du plaisir. Simple, mais assez efficace et c’est déjà pas mal. Maintenant, pour le futur, si futur il y a, il faudra soigner un peu la cohérence et faire en sorte de vraiment développer les bonnes idées (c’est quoi ce boîtier, à la fin !). Les fans d’Alien sont prêts à suivre, mais pas pour n’importe quoi. |
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