NOUVELLES COMPLETES. TOME 2

BALLARD, J.G.

Science-Fiction

Tristram, 2009, 690 pages, 29 €

:) :) :) :) L’EVIDENTE PERFECTION - critique complète

Couverture
Couverture du livre: NOUVELLES COMPLETES. TOME 2

Ouf ! Il est là et bien là. J’avoue que je me faisais un sang d’encre en attendant la parution de ce second tome. C’est qu’il y a déjà eu des précédents : des entreprises dans le monde de l’édition qui n’aboutissent pas parce que le succès n’est pas au rendez-vous ou parce qu’un remaniement au sein d’une organisation met fin prématurément à un projet. Un des derniers en date, c’est le quatrième volume de l’intégrale des nouvelles de Silverberg … Passons. Personnellement, j’ai un faible pour cette période de Ballard et je pense vraiment que les meilleures de ses nouvelles sont dans ces pages. Dans la critique du précédent volume, j’avais signalé à quel point j’avais été marqué par deux textes durant les années ‘70: « L’ultime plage » (1964) et « L’astronaute mort » (1968), publiés, notamment, dans la revue Univers. Ils sont présents, et c’est justifié : ils n’ont rien perdu de leur force. L’un raconte, peut-être, comment un homme met fin à ses jours, ne supportant pas la disparition de sa femme et de son fils. Ou bien est-ce celle du dernier combattant d’un conflit nucléaire ? L’autre conte la survie artificielle d’un couple relié au corps d’un astronaute qui orbite dans le ciel depuis vingt ans. Chaque fois le même saisissement quand le sens de l’histoire est dévoilé dans les ultimes lignes de textes courts et à la structure imparable. Une écriture précise, sans esbroufe, les mots justes. Quand concision rime avec profondeur. Les histoires de Ballard semblent souvent décalées, exposent des comportements qui semblent absurdes ou obsessionnels, voire les deux. Comme celle de cet agent de la NASA qui veut récupérer le corps d’un astronaute (encore !) qui s’est écrasé en Amazonie. Récit ponctué par cette dernière sentence, terrible et belle à la fois, et qui donne tout son sens à ce qui a précédé (« Trajectoire imprécise », 1963). Le recueil propose encore quelques scories qui seront rassemblées dans Vermillon Sands (dont une nouvelle traduction des « Sculpteurs de nuages de Coral D » et une traduction d’Alain Le Bussy de « Dites au revoir au vent ») et des textes de recueils aux noms évocateurs : Espaces Inhabitables, Appareil volant à basse altitude, La foire aux atrocités. Ce dernier étant un recueil de textes généralement très courts, percutants, avant-gardistes et ne laissant certainement pas indifférent. Comme par exemple la nouvelle « L’assassinat de John Fitzgerald Kennedy considéré comme une course de descente automobile», évocation hallucinée et surréaliste des évènements de 1963, bâtie avec des phrases à double et triple sens. Exercice de style, peut-être ; virtuose, certainement ! Cette somme d’écrits est d’une richesse incomparable et, ce qui est assez étonnant, tout a très bien vieilli. L’homme nous a quittés en avril de cette année. Quelques semaines plus tard, c’était au tour de Robert Louit, fidèle correspondant, éditeur et traducteur de l’écrivain anglais. Drôle de destin croisé, Ballardien, n’est-il pas ? Rendez-leur hommage et plongez-vous dans une littérature formidable en parcourant ce splendide volume (maquette épurée et magnifique), un des 5 meilleurs de cette année 2009. Donnez raison à J. G. Ballard quand il disait : «S’il n’existe pas de romans parfaits, il y a beaucoup de nouvelles parfaites ». Il jonglait avec la perfection …

Alain Quaniers

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