Couverture du livre: UNE SECONDE APRES
Le synopsis de ce roman a titillé ma curiosité et j’avoue que je ne regrette pas la lecture de ce livre. Le postulat de départ est simple : les Etats-Unis sont frappés par une IEM. Entendez une impulsion électromagnétique. De haute altitude pour être tout à fait exact. Ce qui signifie que l’on fait exploser un ou des engins nucléaires à une hauteur supérieure à 30 kilomètres avec pour résultat un effet totalement dévastateur pour les infrastructures électriques et électroniques du territoire visé. En un mot comme en cent, tout est grillé et irrémédiablement inutilisable. Les humains ne sont nullement affectés par le phénomène et, normalement, les radiations sont absorbées par l’atmosphère. Mais le résultat est terrifiant : plus d’éclairage, plus de véhicules pouvant circuler, avions qui se crashent, tous les appareils des hôpitaux qui cessent de fonctionner et les groupes de secours qui refusent de prendre le relai, systèmes de production du froid à l’arrêt, émissions radio inopérantes, plus de chauffage classique … La liste est longue et le résultat est cauchemardesque : la société dite moderne tombe en capilotade et l’homme se retrouve propulsé dans un environnement quasi féodal. C’est ce qui arrive à Black Mountain le jour où John Matherson, militaire à la retraite et professeur, fête les 12 ans de sa fille. Par chance, la famille dispose d’un ancien modèle de voiture et il peut se rendre en ville pour rencontrer les autorités et leur faire part de son inquiétude : pour lui, les symptômes ne trompent pas, il s’agit bien du résultat d’une IEM. Même si son expertise est reconnue et qu’il participe à l’organisation de « l’après », comme tous les autres citoyens il va devoir faire face à des problèmes cornéliens. Et accessoirement faire preuve d’égoïsme, volontaire ou non. C’est notamment le cas lorsqu’il imite ceux qui se transforme en « pillards » pour se procurer une réserve d’insuline destinée à sa fille diabétique. De jour en jour, la situation se dégrade et les plus sombres comportements humains refont surface, toute notion de comportement « civilisé » étant gommée peu à peu devant l’obligation de survivre et de sauver les siens. En à peine 48 heures, le territoire des USA est en proie au chaos. D’autant plus que les autorités ou ce qui en reste sont dans l’incapacité de communiquer avec la population. Seuls d’étranges hélicoptères noirs donnent encore une lueur d’espoir aux victimes. Et Matherson en est persuadé : la situation pourrait perdurer des années.
Totalement acquis aux poncifs du roman post-apocalyptique, ce livre est captivant dès le départ, tout simplement parce que le scénario exposé est des plus plausibles. Et l’auteur décrit avec simplicité et réalisme les effets dévastateurs de l’IEM dans la vie de tous les jours de citoyens banals. Il s’essaie aussi à une approche plus psychologique en mettant en lumière la dégradation des comportements et n’hésite pas à faire quelques réflexions sur des dérives de la société moderne, comme, par exemple, la totale dépendance du genre humain à une technologie devenue basique ou aux comportements urbanistiques irréfléchis. Plus interpellant, on sent poindre dans son discours des relents de guerre froide parce qu’il brocarde allègrement le modèle communiste chaque fois qu’il le peut. Parfois, le texte manque de densité ou se laisse aller à des considérations trop simplistes. Mais, globalement, le livre est une réussite que l’on peut conseiller à ceux et celles qui sont sensibles à sa thématique, c'est-à-dire quelque part entre le film Le jour d’Après (film de Nicolas Meyer, 1983) et Le Rivage Oublié (roman de Kim Stanley Robinson, 1984).
Alain Quaniers
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